Portée par une dynamique revendicative qui a éclos  en avril 1980 et a  porté ses germes au-delà des frontières, le concept Tamazight a fini par s’intellectualiser. Cette « intellectualisation » s’est heurtée à une configuration politico-idéologique des plus improbable : islamisme et arabo-conservatisme. Deux maux sans lesquels l’Algérie ne serait pas empoisonnée par la « badisiya-nubembariya » rampante et, bien évidemment, aurait connu un bien meilleur épilogue.

Cela étant, la détermination du combat de plusieurs générations  a  imposé une reconnaissance  constitutionnelle de Tamazight et son  « enseignement ».  Sauf que cette reconnaissance n’a pas été traduite sur le terrain, un terrain  désespérément miné par le déni et le rejet idéologique.

Cependant, et  pour peu que la dynamique culturelle  naissante dont celle  autour du livre  (Salons du livre, cafés littéraires et les différents Prix de littérature) maintienne le cap et ne soit pas freinée dans son élan par cécité institutionnelle, le tamazight finirait par être vu par le plus large public, y compris son détracteur qui a beau détourner les yeux. Tamazight est donc redevable au tissu associatif qui, avec les moyens du bord, c’est-à-dire peu de choses, ravive cette dynamique. Ayant conscience de l’importance du Livre, ce tissu associatif mettra en place un Prix pour Tasekla.
Nous citerons, entre autres, initiateurs de Prix en question : Agraw Adelsan Amazigh (prix Mouloud Mammeri), Adrar n Fad de Ait Smail,  l’Agora du livre de Chemini, L’étoile culturelle d’Akbou… Quand bien même symboliques, ces Prix ont suscité un intérêt grandissant auprès d’auteurs et d’éditeurs.

Le Prix littéraire est sans aucun doute « l’institution » qui met le plus en lumière le livre, son auteur et son éditeur. Ce faisant, il booste les ventes et suscite le débat, lequel débat ne trouve, hélas,  pas suffisamment de plateaux tv et journaux spécialisés pour l’accueillir. En attendant les jours meilleurs, ce débat, se rabat sur les réseaux sociaux et autres blogs spécialisés.

Les prix littéraires dotés de plus de moyens et réservés auparavant aux « langues élues » (Assia Djabar, Mohamed Dib, Maachi) ont intégré l’ungal (roman kabyle).  D takna (co-épouse), trouve le nihiliste. En fait, cette cohabitation (tamazight, français et arabe) élargit la sphère de visibilité, « d’acceptation » et de médiatisation de la littérature d’expression  amazighe.

Et naquit, en juin 2025,  le Prix Berbère Télévision du roman amazigh. Le nouveau-né se distingue des autres Prix par sa prise en charge exclusive du roman d’expression amazighe. La composante du jury  est une autre caractéristique du Prix Berbère Télévision du roman amazigh, puisqu’on y retrouve auteurs, spécialiste en linguistique, spécialiste en littérature et journaliste critique.  S’ajoute à cela, la médiatisation du triptyque livre, auteur et éditeur. Cette mise en lumière est assurée d’une manière professionnelle avant, pendant et après l’événement par le média Berbère télévision et d’autres médias (presse écrite, tv web, et radios) conviés aux conférences de presse et au cérémonial final.

Que le Prix du roman amazigh du Berbère Télévision fasse des émules

Tahar Ould Amar